L’histoire
de Tastavy commence sous la Restauration, avec la création
d’une paroisse autonome de la paroisse de Nages (et de celles
de La Salvetat et de Lacaune). A cela, trois raisons :
l’augmentation démographique liée
à l’exploitation forestière par lous
bouscassiès, les bûcherons des hameaux de
Crozés, des Barthésés, de Salamou, de
Rieufrech,
le renouveau religieux suite aux persécutions pendant la
Révolution,
les dissensions nées à Nages, suite au
déplacement de l’abbé
Calas.C’est en 1827 qu’est prise la
décision de construire une église à
Tastavy. La commune possède encore copie de l’acte
notarié établi par Me Gros qui
détaille les dimensions, les formes, les
matériaux et le devis de cette construction.L’acte
notarié est passé entre 18 habitants des hameaux
autour de Tastavy qui financent l’opération,
fournissent le terrain et paient un entrepreneur de
maçonnerie de Lacaune qui s’engage à
réaliser l’ouvrage dans
l’année. Les requérants expliquent que
« l’extrême éloignement des
paroisses voisines les avait déterminés
concurremment avec les autres habitants de leur hameau à
construire une église succursale, dans un lieu à
portée des uns et des autres.
Les matériaux, en particulier les pierres, sont
apportés par tous les habitants.
L’église
est livrée effectivement pour le 25 juin 1828. Elle est
dédiée à Saint Pierre que
l’on fête le 29 juin. Les archives locales ont
également la trace d’un rapport à
l’évêché daté de
1877 qui note que l’église est trop petite pour
les besoins de la population. Il se félicite de
l’existence de trois
confréries sur la paroisse : l’une
pour le Saint-Sacrement,
une seconde pour le Rosaire,
la troisième pour l’Immaculée
cœur de Marie et la conversion des pêcheurs.
Le rapport note également, pour les regretter, les
faiblesses de la population : les jurons, les gros mots, la manie de
plaider, l’émigration vers
l’Hérault, qui fait baisser la pratique
religieuse. Le presbytère contigu à
l’église a été construit
ensuite avec l’aide des paroissiens, mais en étant
propriété du curé. On a trace de
l’acquisition pour extension du presbytère par
l’abbé Jean Roque de Labessière en
1860, qui est cédé à
l’abbé Floutard en 1914. En 1905, lors de la
séparation de l’Eglise et de l’Etat, le
presbytère avait été mis sous
séquestre par le préfet. Ce séquestre
a été levé ensuite en 1910 et le bien
rendu à la famille Roque.Le dernier prêtre
propriétaire fut donc l’abbé Floutard.
Après son départ de Tastavy, le maire de Nages
essaya, mais en vain, de récupérer le
presbytère. A sa mort, en 1970, l’abbé
Floutard légua ses biens à un héritier
qui s’en désintéressa. La mairie de
Nages put récupérer le presbytère en
1979, dans le cadre de la procédure des biens vacants et
sans maître.Tastavy était la paroisse la plus
éloignée d’Albi, la plus
isolée et une des moins riches. Une plaisanterie courrait
à l’époque au Grand
séminaire d’Albi où l’on
disait que les fortes têtes risquaient
d’être nommées « au bout du
monde », vicaire à Tastavy !Aujourd’hui,
bien que située dans le Diocèse d’Albi,
l’église est desservie par un prêtre du
diocèse de Montpellier : la limite entre le Tarn et
l’Hérault passe à 20 mètres
du presbytère ! D’ailleurs la moitié de
la paroisse est dans l’Hérault.